L’été l’est-il là ?
C’est une souris qui passe.
Elle aurait pu se lever, crier, monter sur sa chaise. Blanche, menue, elle a trotté.
Rêverie. Elle n’a pas bougé.
L’autre, mutine, a traversé la classe.
Crissements. Un silence. Une souris a passé.
C’est une chenille qui s’est enclose.
Elle s’est retirée en ermitage
Dans le silence de son cocon, elle a médité. Sage.
Puis, ivre de vie et de
couleurs affamée, elle est partie humer les roses.
Battements d’aile. Un silence, un soupir. Une fleur s’est envolée.
C’est un bourdon qui fredonne.
Il aurait pu sonner le tocsin,
Porter le glas aux fleurs, à l’herbe, aux habitants du jardin,
Mais non !
Amoureux, il fredonne.
Mélodie du silence. Rayons de soleil et d’ombre. L’amour a souri.
C’est une chatonne qui se pelotonne.
Repue elle s’est gorgée de lait. Tes yeux effleurent d’un sourire
Cette vie en boule, promesse d’un monde à découvrir.
Siestes dans la pénombre.
Deux heures s’égrenent qui sonnent.
Pattes encloses. Silence qui annonce des jeux à venir.
C’est le grand épicéa qui s’agite :
Une risée d’Auguste lui propose des vacances.
S’improvisant modèle pour Gauguin, berçant sa palme, l’épicéa danse
Chez
Verlaine. Mais le vent est déjà parti. Retour à la guérite.
Asphalte perlant de sueur. Goudron irisé. Brise le silence, brise délivrante.
C’est la route qui départemente.
Elle ne veut plus laisser passer camions bétonnant, taxis pressants,
Infirmières cadencées, ouvriers octavés … échappements incessants …
Cela doit
cesser ! La route se braque. On parle-menthe.
Habitacle parfumé aux premières fenaisons,
Bornes musardes de coquelicots,
Le visage de l’été
Petit à petit
S’est négocié.
Traces de comètes ...